09.09.2008
L'inventeur de la cuillère à melon
Pour notre vie, il n'y a que deux solutions : s'aimer jusqu'à l'oubli total des autres ou aimer les autres jusqu'à l'oubli total de soi.
Michel QUOIST
Notre inventeur habitait la campagne dans un coin reculé de France. Il avait toujours vécu seul de sa modeste retraite et de quelques revenus que lui apportait son jardin. Il passait le plus clair de son temps dans son potager qui, ma foi, était plutôt productif. Les rangées de salades, de carottes, de poireaux et d'autres légumes étaient alignées parfaitement et triées par saison de récolte. Il avait la patience et l'organisation des grands chefs d'orchestre. Pourtant comme il ne manquait pas de place, il laissait pousser frivolement des melons. Ceux-ci formaient rapidement un tapis de feuilles dense dans l'espace imparti qui empêchait les mauvaises herbes de se développer. Cette anarchie et cette pointe d'excentricité n’étaient d'ailleurs pas pour lui déplaire, mais officiellement il pratiquait une sorte de jachère faisant reposer sa terre à tour de rôle.
Notre inventeur, que la dureté de la vie avait rendu un peu grippe-sous, s'offusqua qu'il dût laisser systématiquement la moitié de son melon sur la peau. Il eut alors l'idée d'aiguiser le profil d'une cuillère à café pour lui donner un coté couteau. Il avait sécurisé cette cuillère rendue tranchante en ajoutant un petit bourrelet qui ne gênait en rien son fonctionnement et qui ne se voyait même pas. Sa première cuillère fonctionnait parfaitement bien mais il s'aperçut qu'il avait aiguisé du mauvais coté. En effet il était gaucher et sa cuillère n'était pas réversible. Il en fabriqua donc une seconde.
Sa voisine, avec qui il s'était toujours bien entendu, était veuve depuis plusieurs années. Elle cuisinait les produits du jardin, et les deux déjeunaient souvent ensemble. Pour une fois notre inventeur invita sa voisine à manger. Il dressa la table, pensa à se mettre sa nouvelle invention dont il était plutôt fier. Son test fut concluant : il n'eut aucune difficulté à manger son melon. Le nez dans son assiette, il ne s'était pas aperçu que sa voisine éprouvait les plus grandes difficultés à maîtriser sa tranche de melon. Comme il était ferme, chaque cuillerée volait hors de l'assiette et quand il releva la tête, un morceau de melon atterri sur les genoux de sa voisine. Il remarqua alors qu'elle était droitière et qu'il aurait donc pu lui mettre une cuillère à melon. Sa confusion fut telle qu'il devint écarlate. De honte il détruisit ses cuillères pour ne plus en entendre parler. Voilà pourquoi aujourd'hui personne ne connaît la cuillère à melon.
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08.09.2008
Première feuille blanche
Bonbon n° 1
« Quelle part de réel et d'imaginaire constitue ma personnalité ? C'est peut être pour répondre à cette question que je compte rédiger ce journal. Bien difficile aujourd'hui de dire vraiment pourquoi. Mon père me dirait certainement qu'il s'agit de paresse, que je ne suis capable de mener à terme aucun projet. C'est peut être finalement cette humiliation perpétuelle qui me force à mettre sur papier ma vie. Et si je n'avais jamais pris la plume que par peur de laisser des traces. Chaque instant, chaque parole doit être pesée pour ne blesser personne, pour ne pas même se compromettre. Le regard des autres est oppressant, critique. Dans un journal, c'est l'inverse ces coups de blues, en un instant, sont libérés par l'écriture.
En écrivant je laisse des preuves de mon existence, de ma vie. Mais imaginons que je devienne célèbre, que ce carnet tombe en de mauvaises mains, puis-je vous promettre du sensationnel dès à présent ? Non. Refermez vite ce carnet, c'est MA Vie Privée et je ne laisserai quiconque en disposer.
Personne ne peut me garantir que ce carnet ne sera jamais publié, donc je n'écrirai que des choses insignifiantes mais qui me feront passer mes haines, mes colères, mes révoltes, mes angoisses. Qui vais-je découvrir, au fond je ne sais pas. Je ferais mieux de m'arrêter là, mettre un point à tout ça. C'est ridicule de vouloir tout faire partager à un bout de papier. « Le Commissaire Papier et Madame le juge Stylo sont heureux de vous faire part de la naissance de mon journal ! » Chaque fois la même torture recommencera devant cette page blanche qu'il faudra remplir. »
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Nouveau départ
Et voilà, plus que trois semaines avec vous !
Et oui, les clés du nouvel appartement c'était il y a une demi heure : tout chaud, comme les premiers carton qui sont arrivés en ¨Peuget Partner loué ce matin... et la cuisine Castorama dans une demi heure par expédition spéciale !
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