22.09.2008
Dernière séance
Et voilà ma dernière semaine et gros brin de nostalgie, une grande impression de ne plus être à ma place avec plein de nouveaux visages qui remplacent les collaborateurs qui s'en vont...
Il est donc de circonstance de s'écouter la dernière séance de Monsieur Eddy. C'est tellement ça.
Paroles: Claude Moine. Musique: Pierre Papadiamandis 1977 "La dernière séance"
© Barclay
La lumièr' revient déjà
Et le film est terminé
Je réveille mon voisin
Il dort comme un nouveau-né
Je relèv' mon strapontin
J'ai une envie de bailler
C'était la dernièr' séquence
C'était la dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé
La photo sur le mot fin
Peut fair' sourire ou pleurer
Mais je connais le destin
D'un cinéma de quartier
Il finira en garage
En building supermarché
Il n'a plus aucune chance
C'était sa dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé
{Refrain1:}
Bye Bye les héros que j'aimais
L'entr' acte es terminé
Bye Bye rendez-vous à jamais
Mes chocolats glacés, glacés
J'allais rue des solitaires
A l'école de mon quartier
A cinq heures j'étais sorti
Mon père venait me chercher
On voyait Gary Cooper
Qui défendait l'opprimé
C'était vraiment bien l'enfance
Mais c'est la dernière séquence
Et le rideau sur l'écran est tombé
{Refrain2:}
Bye bye les fill's qui tremblaient
Pour les jeunes premiers
Bye bye Rendez-vous à jamais
Mes chocolats glacés, glacés.
La lumière s'éteint déjà
La salle est vide à pleurer
Mon voisin détend ses bras
Il s'en va boire un café
Un vieux pleure dans un coin
Son cinéma est ferm,
C'était sa dernière séquence
C'était sa dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé
09:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.09.2008
Le photographe de la Nuit (2/2)
La grande misère de l'homme n'est pas la pauvreté, ni la maladie, ni l'hostilité des événements, ni les déceptions, ni la mort, mais le malheur d'ignorer pourquoi il naît, souffre et meurt.
Etienne LAMY
(suite) Jusqu'à maintenant il se demandait qui d'autre que lui pourrait immortaliser ce qu'il photographie s'il ne se rendait pas lui-même sur place ? De même, qui ferait la couverture de tel ou tel magazine ? Personne. Il sentait que son travail était indispensable. Il dut reconnaître qu'il s'agissait d'une ambition bien vaine, que si lui n’avait pas faite la couverture, alors le photographe du désert ou celui des animaux sauvages l'aurait faite. Il n'avait pas résolu son problème. Son cœur était toujours aussi aigri.
Il déclencha l'appareil juste au moment où une étoile filante passait. Il eut alors un éclair: « 1968 : assassinat de Martin Luther King, [...] 1993 : Nelson Mendela reçoit le prix Nobel de la paix. » Il lui sembla qu'il s'agissait d'un article de journal, mais il mit plusieurs secondes avant de se souvenir qu'il était question d'un hommage aux « Lumières Noires », ces hommes qui restaient dans les mémoires pour avoir combattu la ségrégation raciale. Ils avaient laissé une trace dans l'Histoire. En réfléchissant à son voeu, il remarqua que l'étoile filante laissait aussi une trace. Certes elle était plus éphémère, mais la trajectoire était visible grâce aux poussières qui se consumaient en entrant dans l'atmosphère. Il esquissa enfin un sourire quand il s'aperçut que sa photographie était aussi une trace, le témoin de l'Histoire, d'une histoire tout au moins.
Un chat traversa alors devant lui. Pas farouche, il s'arrêta. Le photographe sourit et lui demanda: « Est-ce vrai que les chats possèdent sept vies? ». Bien sûr, le chat n'eut qu'un miaulement comme réponse, mais il avait déjà ajouté que si c'était le cas, il espérait que les Lumières chats, seules y avaient droit et qu'au contraire les chats de mal n'y pouvaient compter. « Tu vois, nous n’avons jamais tant parlé de certaines personnes que depuis qu'elles sont mortes. » Au fur et à mesure qu'il réfléchissait sa pensée se structurait et était en train de dépasser la question « Y a-t-il une vie après la mort? ». Dans une certaine mesure, il répondait que oui; une vie qui commence en même temps que la vie physique et qui se poursuit à travers celles des autres, quelque part dans leurs mémoires. Voilà pourquoi il importait de faire du bien autour de soi pour rester vivant et continuer à faire éprouver du bien à l'évocation de son souvenir. Il venait de justifier l'existence d'un paradis. Une personne qui rayonne le bien autour de lui durant sa vie « active », resterait immortalisé dans les mémoires et dans les livres d'Histoire comme homme bon, au contraire de l'homme de mal qui irait en enfer se faire oublier.
La photographie est bien souvent le témoin d'un événement plus ou moins important, drôle, sérieux, historique, banal... Elle immortalise, elle capture un instant et pourtant la photographie est vivante car elle fait vivre les souvenirs. Peut-être est-il difficile de croire que l'on possède plusieurs vies, mais ce qui est certain, c'est que chacun possède une lumière, qui, elle, vit plus ou moins longtemps à travers le souvenir des autres.
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18.09.2008
Maman Tupperware !
La jeunesse se reconnaît à trois signes essentiels : la volonté d'amour, la curiosité intellectuelle et l'esprit offensif.
Giovani Papini
« Mes parents sont vraiment des gens exceptionnelles. La preuve, c'est que je les adore. Mon côté matheux, je le dois plutôt à mon papa et le littéraire, à ma maman. Elle écrit merveilleusement bien : surtout les listes de courses. D'ailleurs je ne comprends pas comment elle fait pour ne jamais rien oublier. Mon papa, lui, fait les courses en passant son temps dans les rayons à calculer. C'est un fin économe mais pas fin gourmet. Il estime que plus la réduction d'un article est importante plus le produit est excellent. Bien souvent il est bon à acheter mais certainement pas à consommer.
Ma maman est mère au foyer et je garantis que ce n'est pas tant de travail qu'on pourrait le penser. Il y a même des jours où on se demande qui sont les parents et qui sont les enfants. Par exemple, pour se passer le temps, elle organise au moins deux fois par semaine des réunions de vente à domicile comme les ventes de Tupperware®, mais aussi de vêtements et d'autres articles ménagers. Le principe est plutôt simple. Elle invite ses voisines et si elle en réunit plus de dix, alors elle a droit à des boîtes plastiques spéciales pour le micro onde gratuites, ou une réduction sur des produits ménagers révolutionnaires. Autant dire qu'on possède la panoplie complète de ménage à la maison. J'appelle ce genre de vente du VPC : vrai piège à cons. Mais je dois bien avouer que ma mère est très organisée. Le mercredi comme les mamans sont occupées par leurs enfants, elle invite les grands-mères. Là c'est aussi VPC mais vrai piège à commères. Le salon est transformé en club du troisième âge. Il n'y a plus moyen d'écouter de la musique, la télévision, et pire même le téléphone est inaudible. Une espèce de bruit sourd et continu investit mes oreilles qui à chaque fois me donne un mal de têtes pour trois jours.
Ce qui la caractérise le plus c'est peut-être l'esprit d'ouverture. De temps en temps ma maman invite de nouvelles voisines. Elle participe, comme elle dit, à l'insertion des jeunes couples dans le quartier. Elle a pris d'ailleurs l'habitude de me consulter avant d'inviter une nouvelle personne puisque généralement les enfants sont à l'école avec moi. Je lui sers en quelque sorte de service de renseignements. Je la vois venir, quand elle me demande si je m’entends bien avec untel ou unetelle. En fait, je crois qu'elle se soucie peu de la réponse pour son invitation. Si elle est positive, c'est tant mieux, sinon elle considère qu'elle m'aide à me faire de nouveaux amis. Malheureusement, je crois bien elle est aveuglée par les affaires.
Un rituel auquel je ne peux échapper est l'essayage. C'est peut-être de là que me vient mon hypocrisie chronique. Il faut toujours que les crêpes soient meilleurs dans la nouvelle boîte Tupperware, que la robe du club du troisième âge s'accorde avec son pendentif ou sa nouvelle coupe de cheveux. Si par malheur, je grimace ma maman est si contrariée que j'en ai pour des heures à la consoler. »
14:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

