25.09.2008
Ces Traditions d’un autre temps
Je vous propose hier et aujourd'hui de découvrir l'univers de cette école que j'ai fréquenté durant trois ans de préparation de mon diplôme d'ingénieur. Souvent détractée à cause de sa forme autrefois "un peu militaire", la période de transmission des valeurs (de l'école), que je préfère à période d'intégration est une étape pourtant essentielle dans la formation Arts et Métiers.
Ces Traditions d’un autre temps
Il est peut être écrit que je ne dois pas comprendre. Voilà quelques minutes que je réfléchis, et rien. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi certains pensent que les gadz’arts sont des ingénieurs toujours en avance sur leur temps. Quand d’autres disent que leurs Traditions datent d’un autre temps.
En écoutant les vieux archis , mais alors les très vieux archis, j’arrive à imaginer un sens à cette phrase : « en avance sur leur temps ». Aux origines des écoles d’Arts et Métiers, les gens n’ayant que peu d’instruction, les gadz’arts apparaissaient comme les capitaines de l’industrie toujours à la pointe des techniques nouvelles. Mais aujourd’hui tout est différent. La concurrence des autres écoles, jeunes, dynamiques, propose des cadres bien aussi performants que nous. Le réseau des ingénieurs Arts & Métiers, me direz vous ? Le plus performant, certes, mais cela ne fait pas tout. La réelle spécificité des gadz’arts réside dans leurs Traditions, comprenant un réseau de collaborations et surtout un état d’esprit différent. Mais depuis quelque temps, il me semble que les gadz’arts accusent le déficit d’une image vieillissante. Tellement vieillissante que certains disent que les Traditions des gadz’arts sont d’un autre âge.
Décidément, je n’y comprends plus rien du tout. En avance sur leur temps ou vieillissants ? Les gens sont-ils si complexes pour qu’ils pensent pareillement ? Je me refuse à croire que nos Traditions sont d’un autre âge. Appliquées dans le sens de la raison, elles sont en effet un modèle de tolérance, de valeurs louables. Dans notre société, ô combien individualiste, qui déserte les religions, les associations caritatives, elles paraissent effectivement d’avenir, comme un but de sagesse et de bien-être au quotidien à atteindre pour l’homme. Tel était l’idéal de La Rochefoucauld . C’est peut-être aussi cela que voulait dire le vieil archi en disant que les gadz’arts étaient en avance sur leur temps.
Les hommes n’auraient-ils pas tous le dessein du progrès de l’humanité, que certains pensent que nos Traditions sont vieillissantes ? Serions-nous fous ? Non, elles sont jugées vieillissantes parce que leurs tendances évoluent à l’inverse de notre société. Crânement, j’ai envie de dire : « Et alors ! Peu importe, soyons sûrs de prendre le bon wagon, celui du progrès de l’humanité comme on le voyait déjà au siècle des Lumières. ». Alors que plus qu’hier, les gens se complaisent à rester seuls, à s’auto-congratuler de leur matérialisme, les Traditions défendent l’idéal de Fra-Ter-Ni-Té, notre devise.
Dans les faits, je ne sais qui a raison. Ce dont je suis sûr, c’est qu’être gadz’arts, c’est perdre du temps pour en gagner à chaque instant. C’est perdre du temps pour aider un copain de promo qui en a besoin, c’est en gagner à chaque instant parce qu’à 140, chacune de nos forces est décuplée. C’est perdre du temps pour former les conscrits , c’est en gagner à chaque instant en s’enrichissant de contacts nouveaux. C’est aussi soulever cet apparent paradoxe de Traditions d'un autre âge, que mettent en pratique des gadz'arts, qui dit-on, sont des ingénieurs toujours en avance sur leur temps. Perdre du temps, c’est accepter de vieillir sans déserter son idéal. En gagner à chaque instant, c’est prendre de l’avance.
1 (Argot gadzarique) : anciens élèves de l’ENSAM
2 Créateur des écoles d’Arts et Métiers, initiateur de la société philanthropique des anciens élèves des Arts et Métiers
3 (Argot gadzarique) : Elève de première année
12:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Ecrire un commentaire